«Le chant s’éloigne de tout maniérisme esthétique pour atteindre une sorte d’épure désincarnée poignante.»

Monday 24 August 2026
Bachtrack – Pierre Michel
Chichester Psalms
Les Métaboles et Aedes au sommet des Rencontres musicales de Vézelay

« […] Samedi soir, Les Métaboles proposent un programme en forme de progression contemplative sous la direction de leur chef Léo Warynski. Après les Litanies à la Vierge noire de Poulenc, au cours desquelles les pupitres féminins se distinguent par leur capacité à suggérer tout un nuancier de lamentations, de la résignation éplorée à l’incompréhension désespérée, le chœur fait évoluer l’émission du son en cherchant comme une forme de chant originel dans le Te Deum d’Arvo Pärt. Le chant s’éloigne de tout maniérisme esthétique pour atteindre une sorte d’épure désincarnée poignante. L’Orchestre national de Metz Grand Est joue quant à lui à merveille son rôle schizophrène dans les deux œuvres, entre nappes sonores statiques et motifs rythmiques obsédants, avec des timbales orageuses chez Poulenc.

Après les respirations de Guard my tongue de Julia Wolfe, où Les Métaboles a cappella font preuve d’une homogénéité remarquable, les forces en présence sont rejointes par l’Africa Lyric Choir pour les Chichester Psalms de Bernstein. La déflagration du premier mouvement fait voler en éclat l’élévation spirituelle pure atteinte alors, pour y insuffler une joie, comme une libération. La précision des attaques des percussions et des cuivres de l’orchestre permet de garder un semblant de structure dans ce passage qui atteint les limites acoustiques de la nef. Après un deuxième mouvement planant avec un magnifique solo du contre-ténor Julien Freymuth, exploitant intelligemment les résonances de la basilique, la fusion des deux chœurs sublime la formule hymnique irrésistible du finale. »

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Oui
Citation

« Après les Litanies à la Vierge noire de Poulenc, au cours desquelles les pupitres féminins se distinguent par leur capacité à suggérer tout un nuancier de lamentations, de la résignation éplorée à l’incompréhension désespérée, le chœur fait évoluer l’émission du son en cherchant comme une forme de chant originel dans le Te Deum d’Arvo Pärt. 
Le chant s’éloigne de tout maniérisme esthétique pour atteindre une sorte d’épure désincarnée poignante. »