SINGING RAVEL

SINGING RAVEL

18 €
Variations
Présentation

La musique chorale de Maurice Ravel est rare, mais compte des pépites comme les Trois Chansons pour chœur a cappella. Elle semble pourtant trouver un prolongement idéal dans le chant. 

Ce programme inédit, enregistré live à la Philharmonie de Paris en mars 2025, propose d’en faire l’expérience en faisant découvrir certaines de ses grandes pages transcrites pour chœur : de Ma mère l’Oye à Shéhérazade en passant par La vallée des cloches. De grands compositeurs et arrangeurs ont déjà donné leurs lettres de noblesse à l’art ravélien de la transcription : Gérard Pesson, Thierry Machuel ou Clytus Gottwald. 

Pour ce programme, Les Métaboles ont également lancé le défi à Thibault Perrine de transcrire pour la première fois deux œuvres emblématiques de Ravel : le Boléro et La Pavane pour une infante défunte. Nul doute que ces nouvelles versions pour chœur permettront d’aborder ces œuvres sous un jour nouveau et inouï !
 

Enregistré le 10 mars 2025 à la Philharmonie de Paris.

Video

Maurice Ravel - Boléro (transcription de Thibault Perrine)

Presse

L'actu des sorties – Singing Ravel

Libération - Eric Dahan
Singing Ravel

Enregistrement d'un concert donné, en mars 2025 à la Cité de la musique dans le XIXe arrondissement de Paris, pour le cent-cinquantième anniversaire du compositeur. Singing Ravel, du chœur Les Métaboles, fondé en 2010 par Léo Warynski, paraît à point nommé, maintenant que l'on est passé à l'heure d'été. De la transcription introductive, par Thibault Perrine, de la Pavane pour une infante défunte, au désopilant Boléro conclusif, en passant par les envoûtants Soupirs, la Vallée des cloches et l'Indifférent, transcrits par Clytus Gottwald et Gérard Pesson, ce CD n'est pas seulement merveilleux et enchanteur, il illumine de l'intérieur les splendeurs et les audaces harmoniques du génie français.

Album classique à écouter : Singing Ravel

New York Times – Gabrielle Ferrari
Singing Ravel

Bien qu'il ait composé un nombre conséquent d'œuvres vocales, Maurice Ravel n'a écrit que trois pièces pour chœur a cappella. Le chef Léo Warynski, dans son récent album enregistré avec Les Métaboles, pose la question suivante : pourquoi ne pas transformer en véritable chant la « qualité vocale » qui imprègne l'écriture instrumentale de ce compositeur ? Un tel exercice exige à la fois un travail de sélection des textes et une grande finesse dans les transcriptions, mais le résultat jette un éclairage nouveau, même sur les pièces les plus connues de Ravel. 

Singing Ravel est à la fois une interprétation et une réponse imaginative à la musique du compositeur, combinant des transcriptions existantes pour voix seules d'extraits d'œuvres orchestrales et d'opéras à deux nouveaux arrangements. Par moments, les choix poétiques sont astucieux et émouvants. La déjà ravissante Pavane pour une infante défunte reprend ici un texte d'un romantisme poignant tiré du manuel de danse Renaissance du XVIe siècle de Thoinot Arbeau, Orchésographie, clin d'œil au titre dansant de l'œuvre originale et à la pavane vocale composée par Arbeau sur le même texte. Une transcription sans paroles du Boléro met en scène des gestes vocaux onomatopéiques, des bourdonnements et des sifflements qui, d'un seul coup, concentrent l'orchestration luxuriante de l'original autour d'un timbre précis, et enrichissent la palette sonore de l'album. Tantôt saisissante, tantôt un peu fantasque, l'ensemble constitue une expérience qui mérite l'attention. 

Les Métaboles enchantent Ravel

ResMusica – Jean-Marc Petit
Singing Ravel

Avec « Singing Ravel », l'ensemble Les Métaboles, sous la direction de Léo Warynski, propose des transcriptions chorales d'œuvres de Maurice Ravel. Un étonnant travail sur les couleurs et la voix.

Paradoxalement, alors que tout dans la musique de Maurice Ravel (1875-1937) est chant, mélodie, harmonie, le compositeur français a peu écrit pour chœur a cappella. À part Trois chansons dont il a écrit les textes, et quelques cantates de jeunesse, Maurice Ravel a « dédaigné » la musique chorale, préférant déployer son sens des couleurs dans ses œuvres pour piano ou orchestrales. Pourtant, « tout chante chez lui« , comme le souligne Léo Warynski, directeur musical de l'ensemble Les Métaboles, dans l'étonnant album Singing Ravel, qu'il vient de publier. Donné en 2021 à Vézelay, enregistré en public lors d'un concert en mars 2025 à la Cité de la musique, Les Métaboles nous proposent de revisiter Ravel, de « révéler des harmonies et des couleurs cachées » à travers des transcriptions chorales de certaines de ses œuvres. Immense transcripteur et orchestrateur lui-même (de Moussorgski bien sûr, mais également Debussy, Chabrier, Schumann), Ravel n'aurait sans doute pas renié ce travail permettant un regard croisé sur nombre de ses pièces. Car Léo Warynski a fait appel à quatre compositeurs différents pour adapter au souffle et à la voix les dentelles harmoniques de Maurice Ravel.

Le benjamin de « l'équipe », Thibault Perrine (né en 1979), ouvre le bal avec la Pavane pour une infante défunte, posée sur des paroles du XVIe siècle du poète Jehan Tabourot. La grâce surannée de la merveilleuse mélodie de Ravel, les légers balancements rythmiques, s'adaptent bien à l'harmonisation vocale relativement fidèle à l'original, que propose Thibault Perrine. C'est tout juste si le poids des mots vient de temps en temps « parasiter » le plaisir pur de la musique.

Un petit défaut que l'on retrouve dans les deux extraits de Ma mère l'Oye (Pavane de la Belle au bois dormant et Le Jardin féérique), adaptés par Thierry Machuel (né en 1962). Celui-ci y rajoute de discrets sifflements qui apportent comme un effet d'Ondes Martenot à ces pièces littéralement féériques. Véritable « caméléon vocal », le chœur Les Métaboles s'y distingue par la qualité de ses solistes comme l'équilibre de son ensemble.

Beaucoup plus originales sont les adaptations de Clytus Gottwald (1925-2023). Le compositeur et musicologue allemand, grande figure de la musique chorale contemporaine, ose véritablement des choses nouvelles, des jeux sur les harmoniques, des effets d'empilements, des « cathédrales d'accords » qui offrent des couleurs inédites à Soupir (extrait des Trois poèmes de Stéphane Mallarmé), au sublime Toi, le cœur de la rose (extrait de L'Enfant et les sortilèges), ou encore à La vallée des cloches. Cette dernière pièce, extraite des Miroirs pour piano, a déjà bénéficié d'une orchestration étonnante, pour percussions et orchestre, de Percy Grainger (1882-1961). L'adaptation chorale de Clytus Gottwald, à défaut de tintinnabuler, sonne cependant merveilleusement, véritable recréation de l'œuvre.

Gérard Pesson (né en 1958) propose deux adaptations d'airs de Shéhérazade (La flûte enchantée et L'indifférent). Maurice Ravel a lui-même proposé une version orchestrale de ces mélodies, déjà conçues pour la voix. L'adaptation chorale offre donc une simple harmonisation vocale de ces pièces.

Le « tour de force » final est bien sûr la transcription du célèbre Boléro, par Thibault Perrine. C'était un véritable défi que de proposer une adaptation purement vocale de cette mécanique répétitive sans tomber dans l'ennui, de recréer les variations des textures sonores sans l'apport des timbres orchestraux. Le défi a été en grande partie relevé grâce à la souplesse et l'inventivité vocale des Métaboles. En jouant sur les onomatopées, un langage inventé, les percussions corporelles, et en faisant sonner le chœur de toutes les manières possibles, Thibault Perrine réussit l'exploit de mener à son terme, sans aucun ennui, les 15 minutes de cette machine implacable. Les effets d'imitation des instruments (clarinette, flûte, saxophone, trompette et trombone bouchés) ne sont pas toujours réussis, tout comme la déflagration finale est évidemment plus faible que celle d'un orchestre, mais la performance est louable, suscitant les applaudissements enthousiastes du public à la fin.

Le pari était osé. Il a été remporté.

Chants enchanteurs

Le Figaro magazine - Bruno Guermonprez
Singing Ravel

L'art choral a cappella est à la fête ces jours-ci. 
[...]

À la même altitude – à la différence que Ravel n'a jamais investi le champ religieux ou liturgique –, les formidables Métaboles dirigées par Léo Warynski enthousiasment avec ces transcriptions chorales de certaines des plus grandes pages du compositeur du BoléroSinging Ravel. Live à la Philharmonie de Paris (b.records/Outhere). La grâce – et la précision ! – ravélienne de l'orchestration est en quelque sorte sublimée par ce passage au «tout-voix», riche de textures et de timbres littéralement inouïs. Les doux sortilèges de la Pavane pour une infante défunte, l'ivresse harmonique de Soupir, les entrelacs électrisants de La Flûte enchantée (extrait de Shéhérazade) vous poursuivront longtemps.

Couverture
visuel cd singing ravel
Colonne droite
Maurice Ravel

1. Pavane pour une infante défunte (06’38) 
Transcription de Thibault Perrine
2. Pavane de la belle au bois dormant (01’40)
Extrait de Ma mère l’Oye  - Transcription de Thierry Machuel
3. Le jardin féerique (03’19)
Extrait de Ma mère l’Oye - Transcription de Thierry Machuel
4. Ronsard à son âme (02’15) 
Transcription de Gérard Pesson
5. Soupir (03’39)
Extrait des Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé - Transcription de Clytus Gottwald
6. Toi, le cœur de la rose (02’29)
Extrait de L’Enfant et les sortilèges - Transcription de Clytus Gottwald
7-9. Trois Chansons pour chœur a cappella
7. Nicolette (01’51)
8. Trois beaux oiseaux du Paradis (02’48)
9. Ronde (02’02)
10. Adieu, pastourelles ! (03’15)
Extrait de L’Enfant et les sortilèges - Transcription de Thibault Perrine
11. La vallée des cloches (05’19) 
Transcription de Clytus Gottwald 
12. La flûte enchantée (02’41)
Extrait de Shéhérazade - Transcription de Gérard Pesson
13. L’indifférent (03’48)
Extrait de Shéhérazade - Transcription de Gérard Pesson
14. Boléro (15’10) 
Transcription de Thibault Perrine