« Grave et paisible, profond sans jamais tomber dans la grandiloquence, austère mais étrangement séduisant, ce Te Deum restera aussi dans les esprits et les cœurs du public de Vézelay. »

Dimanche 23 août 2026
La Croix – Emmanuelle Giuliani
Chichester Psalms
Rencontres musicales de Vézelay : de Poulenc à Bernstein, un chemin spirituel

Submergeant la basilique de leurs flots sonores et rythmiques, les Chichester Psalms de Leonard Bernstein ont conclu, ce samedi 22 août, un magnifique programme choral imaginé par Léo Warynski.

« J’élabore bien souvent les programmes de mes concerts en partant d’une œuvre que j’associe ensuite à d’autres partitions, dans un jeu de correspondances, d’affinités et de contrastes », explique le chef Léo Warynski. […]

D’autant que les chanteurs des Métaboles, rejoints par ceux de l’Africa Lyric Choir et l’Orchestre national de Metz, ont rivalisé d’ardeur, de ferveur mais aussi de délicatesse. 

Les harpes, évocation de celle du roi David, apportent leur dimension céleste et biblique, tout comme les paroles chantées en hébreu, entre élans majestueux, louange à Dieu et introspection spirituelle. 

Donné d’une traite, le concert débutait par une interprétation splendide de recueillement et de tendresse des Litanies à la Vierge noire de Francis Poulenc. Confiées aux voix de femmes, elles invoquent et saluent, comme l’indique leur titre, la Vierge noire de Rocamadour, à l’origine du retour de Poulenc à la foi catholique de son enfance. D’une exécution périlleuse tant elle requiert de simplicité mais aussi de précision et d’élégance dans la diction et l’intonation, la partition sied à merveille aux chanteuses des Métaboles, à leurs timbres limpides mais incarnés. Autre pièce admirable que le Te Deum d’Arvo Part, créé en 1985. Trois chœurs, un piano préparé, un orchestre à cordes et le son de harpes éoliennes fixé sur bande magnétique : les effectifs musicaux sont conséquents mais la texture d’ensemble étonnamment transparente et aérée, des sonorités les plus graves aux échappées vers les hauteurs mystiques. Envoûtante, voire hypnotique, admirablement structurée, l’œuvre se soulève en nappes de cordes auxquelles les voix répondent par des interventions aux réminiscences grégoriennes. 

Grave et paisible, profond sans jamais tomber dans la grandiloquence, austère mais étrangement séduisant, ce Te Deum restera aussi dans les esprits et les cœurs du public de Vézelay. […] »

 

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« Grave et paisible, profond sans jamais tomber dans la grandiloquence, austère mais étrangement séduisant, ce Te Deum restera aussi dans les esprits et les cœurs du public de Vézelay. »